Quant à la statue du PontNeuf, chefd'oeuvre de Jean de Bologne et de son élève, elle avait été fondue pour en faire des gros sous. Le corps de Henri IV était merveilleusement conservé . les traits du visage,IX LES TOMBEAUX DE SAINTDENIS. 81Page 85 Les mille et un fantomesparfaitement reconnaissables, étaient bien ceux que l'amour du peuple et le pinceau de Rubens ont consacrés. Quand on le vit sortir le premier de la tombe et paraître au jour dans son suaire, bien conservé comme lui, l'émotion fut grande, et à peine si ce cri de . Vive Henri IV ! si populaire en France, ne retentit point instinctivement sous les voûtes de l'église, Quand je vis ces marques de respect, je dirai même d'amour, je fis mettre le corps tout debout contre une des colonnes du choeur, et là chacun put venir le contempler. Il était vêtu, comme de son vivant, de son pourpoint de velours noir, sur lequel se détachaient ses fraises et ses manchettes blanches . imitation de vanessa bruno de sa trousse de velours pareil au pourpoint, de bas de soie de même couleur, de souliers de velours. Ses beaux cheveux grisonnants faisaient toujours une auréole autour de sa tête, sa belle barbe blanche tombait toujours sur sa poitrine, Alors commença une immense procession comme à la châsse d'un saint . des femmes venaient toucher les mains du bon roi, d'autres baisaient le bas de son manteau, d'autres faisaient mettre leurs enfants à genoux, murmurant tout bas . Ah ! s'il vivait, le pauvre peuple ne serait pas si malheureux. Et elles eussent pu ajouter . Ni si féroce, car ce qui fait la férocité du peuple, c'est le malheur. Cette procession dura pendant toute la journée du samedi 12 octobre, du dimanche 13 et du lundi 14. trousse imitation vanessa bruno Le lundi les fouilles recommencèrent après le dîner des ouvriers, c'estàdire vers trois heures après midi. Le premier cadavre qui vit le jour après celui de Henri IV fut celui de son fils, Louis XIII. Il était bien conservé, et, quoique les traits du visage fussent affaissés, on pouvait encore le reconnaître à sa moustache, Puis vint celui de Louis XIV, reconnaissable à ses grands traits qui ont fait de son visage le masque typique des Bourbons . seulement il était noir comme de l'encre, Puis vinrent successivement ceux de Marie de Médicis, deuxième femme de Henri IV . d'Anne d'Autriche, femme de Louis XIII . de Marie Thérèse, infante d'Espagne et femme de Louis XIV . et du grand dauphin. faux vanessa bruno zalando Tous ces corps étaient putréfiés. Seulement celui du grand dauphin était enIX LES TOMBEAUX DE SAINTDENIS.82Page 86 Les mille et un fantomesputréfaction liquide, Le mardi, 15 octobre, les exhumations continuèrent. Le cadavre de Henri IV était toujours là debout contre sa colonne, et assistant impassible à ce vaste sacrilège qui s'accomplissait à la fois sur ses prédécesseurs et sur sa descendance, Le mercredi 16, juste au moment où la reine MarieAntoinette avait la tête tranchée sur la place de la Révolution, c'estàdire à onze heures du matin, on tirait à son tour du caveau des Bourbons le cercueil du roi Louis XV. Il était, selon l'antique coutume du cérémonial de France, couché à l'entrée du caveau où il attendait son successeur, qui ne devait pas venir l'y rejoindre, On le prit, on l'emporta et on l'ouvrit dans le cimetière seulement, et sur les bords de la fosse, D'abord le corps retiré du cercueil de plomb, et bien enveloppé de linge et de bandelettes, paraissait entier et bien conservé . mais, dégagé de ce qui l'enveloppait, il n'offrait plus que l'image de la plus hideuse putréfaction, et il s'en échappa une odeur tellement infecte, que chacun s'enfuit, et qu'on fut obligé de brûler plusieurs livres de poudre pour purifier l'air. On jeta aussitôt dans la fosse ce qui restait du héros du ParcauxCerfs, de l'amant de madame de Châteauroux, de madame de Pompadour et de madame du Barry, et, tombé sur un lit de chaux vive, on recouvrit de chaux vive ces immondes reliques.